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Le journal satirique Charlie Hebdo a publié en décembre dernier une caricature de la journaliste Rokhaya Diallo inspirée de la célèbre chanteuse et danseuse Joséphine Baker. Le dessin illustre une femme avec de grosses lèvres, une ceinture de bananes, s’offrant à une danse devant des hommes supposément blancs. Une accumulation de clichés racistes. Une caricature qui est reçue comme un retour en arrière avec des caractéristiques racistes, sexistes et coloniales. Des idéologies que l’on pensait enfouies et communément admises comme intolérables. 

Plus qu’une caricature pour faire rire, c’est une prise de position qui reflète des problématiques sociétales. Le pouvoir d’une caricature peut être plus profond que simplement humoristique. Il reflète ici un imaginaire ancien raciste et misogyne que l’on peut qualifier de misogynoir, à travers l’utilisation de clichés graphiques ancrés dans les mentalités. La référence à Joséphine Baker n’est pas anodine mais très minutieusement pensée et accentue le caractère raciste de la caricature. La caricature est ici un moyen de communication fort. 

Les caricatures peuvent aussi être mobilisées dans des contextes de rivalités politiques. Un moyen de “piquer” ou “vexer” son adversaire politique. On peut prendre ici l’exemple de la caricature de Mélenchon représenté par Charlie Hebdo, faisant référence à l’enlèvement du président vénézuélien par Donald Trump le 3 Janvier dernier. Une production qui ne manque pas de faire parler  L’idée est d’instrumentaliser un fait d’actualité pour aller toucher son adversaire, la caricature fera d’autant plus parler d’elle qu’elle met en scène une référence à un événement connu d’un large public. Selon l’article, cette caricature illustre parfaitement le changement de position du journal depuis l’arrivée de Philippe Val dans les années 90. 

Il existe d’autres exemples de caricatures récentes qui cherchent à interpeller, mais pas de manière aussi frontale que Charlie Hebdo dans les exemples précédents. Il y a des caricaturistes plus modérés qui cherchent simplement à donner leur opinion et se positionner sur des questions d’actualité. On peut retrouver dans les caricatures de Phil en 2025 le thème de la municipalité traité comme un fil rouge. Un thème bien plus léger que le racisme ou l’enlèvement du président vénézuélien. 

Pour résumer, ces exemples montrent que la caricature n’est jamais un simple divertissement. C’est un outil de communication puissant, qui illustre des tensions politiques, sociales et idéologiques. Il peut être question de caricatures qui cherchent des réactions fortes. Ou encore de caricatures plus modérées, qui illustrent qu’il est possible de faire passer un message critique sans faire de stigmatisation. La question n’est donc pas de savoir si la caricature doit déranger mais jusqu’où elle peut aller.

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